UNE ENCOURAGEANTE DÉFAITE
PRIX DE L’ENTREPRISE PHILIPPE



Lieu : Saint Siméon (77)
Date : 25 avril 2010
Organisateur : Jeunesse Sportive de la Ferté Gaucher
Place : 2e
Impressions :
Peur de devoir abandonner après l’accrochage (rayon arraché)
Crainte infondée d’être lâché si apport de solution
Course effectuée avec la roue avant qui freinait
Erreur tactique au lancement du sprint
Trop de puissance dans le lancement du sprint
Bon résultat tout de même
Parcours :
Un circuit (St Siméon / La Vanne / D66 Chauffry / Charcot / St Siméon) de huit kilomètres, très sélectif, à parcourir quatre fois (32 km). Comme le relief du parcours, le revêtement de la chaussée était très varié et, tout comme lui, susceptible de provoquer de grosses fractures (au propre comme au figuré) au sein du peloton. Après un départ donné devant la Mairie de Saint Siméon, dans le haut de la dernière bosse, la route descendait nettement avant de basculer sur la gauche, de franchir un premier passage à niveau, puis d’entamer un long faux-plat venté qui ne manquerait pas d’étirer le peloton. A Chauffry, me semble-t-il, le peloton devrait une nouvelle fois tourner à gauche (virage audacieux) pour s’engager sur une petite route très étroite et à la chaussée très déformée ou placardée de pansements de goudron frais assaisonnés de gravillons… Cette portion de la boucle descendait un peu, traversait -- et durement -- une nouvelle fois la voie de chemin de fer avant de monter de nouveau puis, après un dernier virage à gauche, de plonger franchement avant de gicler vertigineusement vers le village de St Siméon.

Thomas Valadier (US Créteil) et Antoine Barré (AC Saltucien) étaient heureux de se trouver à nouveau confrontés. Sur un terrain a priori davantage propice au Bourguignon, ces deux énergiques rouleurs, grimpeurs et sprinteurs allaient pouvoir une nouvelle fois se mener la bourre, en même temps que la vie dure au peloton, avant de pouvoir -- in fine -- faire basculer le bel équilibre -- une victoire partout (Fontainebleau pour Thomas, Chaintreauville pour Antoine) -- sur lequel ils s’étaient quittés.
Les meilleurs « ennemis » du monde…

Bons gars, les deux costauds se sont salués, sont allés tourner les jambes ensemble et reconnaître la topographie de l’arrivée puis, après avoir un peu « échangé » et s’être cotoyés autant qu’ils en éprouvaient le besoin, ils ont vagué à leurs préparatifs (bavardages, équipement, dossards, déblocages, questionnements, hydratation…) selon leurs habitudes et à leur propre rythme. Les connaissant, je suis à peu près sûr qu’ils s’étaient donnés rendez-vous pour « plus tard », lorsque la course se serait enfin déclenchée et qu’il serait temps de mettre la gouache.

En attendant ce moment après lequel ils aspiraient depuis leur dernière échappée belle, Antoine et Thomas sont allés se fondre dans la myriade désordonnée, participer à ce ballet qui n’était qu’apparemment déboussolé dans lequel une cinquantaine de Minimes parés de couleurs éclatantes vibrionnaient en tous sens…



Good Bye les jeunes !




Avec un peu retard -- suite au drame survenu à Montdidier la semaine précédente, les gendarmes étaient venus vérifier la validité des mesures de contrôle du trafic mises en oeuvre sur le parcours de la course - le départ de l’épreuve fut enfin donné. Dans un concert d’exclamations, de claquements de cales et d’engrenages affamés ou malmenés, les cyclistes se sont enfin élancés… Vaillamment, ils sont partis avaler leurs huit kilomètres d’excitation et de défoulement musculaire. Nous, les vieux, nous les avons regardés prendre leur envol joyeux et puis -- Good Bye les Jeunes ! -- nous sommes allés nous postés dans des lieux plus propices au voyeurisme…
Incident mécanique et grande vitesse…

Pour ma part, j’ai taillé la piste à contre-courant, descendant l’ultime grimpée et montant la descente qui précédait… j’ai attendu, attendu, inconfortablement installé dans le fossé d’où je comptais prendre des clichés en contre-plongée… mais c’était sans compter sans les décérébrés qui, sur cette route quasi déserte, sont venus se coller pile devant l’objectif de mon matériel de pro. Remarquez que ça ne m’a finalement pas trop gêné car, lorsque Thomas est passé, au second rang d’un peloton déjà épuré, je l’ai vu passablement énervé, agité, vocirant des : « ma roue avant est cassée » qui me firent regretter de ne m’être pas coltiné, comme à l’accoutumée, ces foutues roues qui, habituellement, ne servent jamais. Sur un circuit de huit kilomètres je m’étais tout simplement dit, à peu de choses près : « Si tu crèves, mon petit, tu rentres à pied ! »
Thomas fait le mauvais choix
Le problème c’est que mon « Grand Goulet » n’avait pas crevé, qu’il ne s’était pas arrêté et que, dans le rythme du peloton, il continuait de filer avec une roue avant que je m’imaginais pouvoir se démantibuler à tout moment… J’espérais que mon gueulard s’arrêterait près de la ligne afin que Jean-Claude Lavigne -- le providentiel responsable de l’US Créteil -- puisse le dépanner et lui permettre de repartir dans de meilleures conditions de sécurité… Sinon, je le voyais s’arrêter pour remballer… ou pire, continuer au mépris du danger. Connaissant mon zigoto, c’est plutôt cette éventualité que je me mis à craindre. N’étant pas devin, je forçais donc mes rondeurs et filais à mon allure maxi, prélever une roue avant dans le stock inconsidérément négligé…
Alea jacta est

Quand je passais devant lui, J-C s’enquit de ce qui se tramait. Pratique, il me dit où aller me poster pour que Thomas ne soit pas trop handicapé par la manip. Lucide, il prévint François Prudhomme afin qu’il aille en amont, préciser à Thomas l’endroit où l’on se tiendrait prêt à intervenir. Prudent, ayant de longtemps repéré ma sinistre habileté, il vint en personne prendre la responsabilité du changement de roue. Ne pouvant plus jouer les Saint-Bernard à Saint-Siméon, je me mis en devoir de me muer en ange annonciateur… mais lorsque Thomas passa devant les uns et les autres, il fit d’autant moins mine de s’arrêter qu’il était en échappée en compagnie d’Antoine Barré… Tout juste trouva-t-il le temps de jeter qu’il avait cassé un rayon… Filant bon train, les garçons étaient déjà loin… Advienne que pourra, nous n’y pouvions plus rien désormais…
ça roulait comme ça pouvait, comme ça osait, comme ça voulait…
Derrière, les garçons faisaient ce qu’ils pouvaient pour sauver la face sinon faire bonne figure… Mais c’était dur ! Et derrière les deux « excités du bocage » qui pétaient la forme et enroulaient comme-qui-rigole (apparemment), ça roulait comme ça pouvait, comme ça osait, comme ça voulait… Les deux tours suivants, Thomas et Antoine ont joué la même partition et sont passés sur le même tempo qui, s’il fait mal aux jambes, écoeure la concurrence et la maintient à distance.
L’esprit de compétition veut bousculer les hiérarchies les mieux établies…
Derrière, les autres -- qui ne grimpaient pas mal, faut pas croire -- encaissaient simplement la différence, écoeurés de s’être fait enrhumés sur une attaque, de souffrir en second rideau, ou plus loin encore, condamnés à se faire mal pour rien ou plutôt -- car l’esprit de compétition se moque des « places » où on l’emploie -, à se mesurer à tous ceux qui passaient à leur portée, qu’ils soient devant (fringants ou à l’agonie) ou un peu derrière (menaçants ou en constante perte de vitesse)…
Le Francilien se soumet à la tactique du Bourguignon…
A l’avant de la course, Antoine et Thomas ne parvenaient pas à se départager nettement et il devenait de plus en plus évident que c’est dans le dernier « coup de reins » que la différence se ferait, que la victoire se jouerait. Thomas, qui avait couru avec une roue si voilée qu’elle tournait avec autant d’enthousiasme que s’il freinait, commis en outre l’erreur de subir la tactique du Bourguignon. Loin de tenir compte des qualités intrinsèques de son adversaire et de les contrer en prenant l’initiative pour faire valoir ses propres atouts, Thomas ne s’emballa qu’après qu’Antoine l’eut fait.
Trop de fougue,
Trop de puissance,
Pas assez de réflexion…

Et là encore, le morfal ne la joua pas vraiment fine car, balançant tous ses watts dans une accélération qu’il souhaitait décisive, Thomas fit riper sa roue arrière qui se mit en travers sous la brutale puissance de son impulsion indomptée. Outre le danger encouru, « Boucles d’Or » perdit de l’adhérence en même temps que de l’efficacité… Antoine en profita pour prendre un peu de champ et si le Cristolien revint très nettement sur le Saltucien, son retour fut cependant trop tardif pour corriger les effets convergents de trop de choix inappropriés…

Cadets
















Pierre et Alexandre : bons cyclistes et bon état d’esprit…






Les Leçons du jour

1) Lorsque je suis victime d’un incident technique au tout début de la course, j’ai vraisemblablement le temps d’y apporter une solution technique…
2) Lorsque je suis victime d’un incident technique, je privilégie la sécurité pour ne pas courir de risques et ne pas en faire courir à autrui…
3) Lorsque mon « directeur sportif » me demande de m’arrêter, c’est sans doute qu’il a de bonnes raisons de le faire… Il vaut donc mieux lui obéir.
4)
OFF COURSE

Même Club. Même Catégorie. Même Gabarit (enfin presque)…







jsfertegaucher@aol.com